Marcel Déat, était député du Parti Socialiste SFIO dans les années 30. Il évoluera comme la plupart des « néos » de plus en plus à droite et finira dans le fascisme. A ce propos des Besson, des Lang, des Bockel, des Kouchner ou des Valls n’ont certainement pas encore achevé leur jolie mue…mais est-ce vraiment une mue ? Condamné à mort par contumace en 1945, Marcel Déat, se réfugie en Italie, « planqué » par le Vatican. Il meurt, sans être inquiété, en 1955, près de Turin. C’est apparemment sous l’impulsion de Rocard que sont publiées en 1989 ses « Mémoires » Ce n’est certainement pas un hasard. En réalité Rocard était déjà acquis, depuis longtemps, aux thèses des « néos-socialistes » d’avant guerre (« …l’horizon indépassable du Capitalisme.. ») L’analyse de Déat est intéressante et, sans évidemment calquer 1934-35 sur 2009, on voit que l’on nous ressert la vielle tambouille réactionnaire des écœurantes recettes. Autre coïncidence, il y a beaucoup de Laval et de Mandel chez l’agité de l’Elysée dont nous héritons.
En 1934 et 1935, il y a deux séries de décrets -lois, Doumergue et Laval.
Afin de rétablir par tous les moyens l’équilibre budgétaire, les gouvernements pratiquent une politique protectionniste, en contingentant les importations et une politique déflationniste. On décrète la baisse de quelques prix, on augmente quelques impôts. Les décrets-lois de Gaston Doumergue, en avril 1934, puis de Pierre Laval, en juillet 1935 réduisent les traitements des fonctionnaires, les retraites et même les pensions des anciens combattants, tandis que les impôts sont augmentés et que les commandes d’État sont diminuées.
Rien n’y fait, les faillites se multiplient. Le chômage, la chute des prix agricoles frappent durement les milieux ouvriers et paysans, ainsi que les classes moyennes.
« […] le 16 mars [1934], le Parlement était mis en congé pour deux mois. Le 5 avril sortait une première série de décrets-lois : il y en avait pour 2 700 millions. On devait réduire d’un dixième le nombre de fonctionnaires par voie de mise à la retraite anticipée. Le résultat fut lamentable : on renvoya d’excellents instituteurs qui avaient à peine cinquante ans d’âge et on décapita les administrations, en soulevant une tempête de colères et de désespoirs. On prélevait en outre 5 à 10 % sur les traitements des fonctionnaires, ce qui rapportait la somme ridicule de 360 millions, mais préparait pour l’avenir 360 millions de dégâts […] les anciens combattants acceptaient, en rechignant un prélèvement de 3 % sur les pensions […] Le 23 avril, une autre série de décrets tendait à combler le déficit des chemins de fer, avec prélèvement sur les salaires et les traitements […] » pp. 302 & 303
« […] 1935 […] Laval […] est convaincu de l’excellence de sa chirurgie déflationniste : si elle lui apporte d’abord l’impopularité, il en prendra son parti, du moment qu’ensuite le pays sera sauvé […] il s’agit […] d’annoncer sa volonté d’aller « jusqu’au bout ». Allons-y : le 17 juillet est lancé un « premier train » de décrets-lois. Il y a dix milliards à trouver : prélèvement sur les traitements, mais aussi sur les coupons de rentes. Parallèlement […] plus difficile, mais finalement illusoire, […] on parle de généraliser la baisse des prix. Qui peut croire à l’efficacité d’une pareille entreprise, avec un Etat qui ne dispose d’aucun levier ? Au mois d’août, nous aurons une seconde vague de décrets et de discours […] On parlera de « dégeler » les capitaux, de les relancer dans le circuit […] Et à la rentrée on se retrouve, comme devant, en face d’un budget en déficit […] Mais la crise latente va bientôt éclater […] les projets Régnier (Laval) ont provoqué des remous sérieux, avec une fournée de 400 décrets-lois […] Georges Mandel restait aux PTT, où il exerçait une sorte de terreur sur le personnel et se taillait à bon compte dans le public une réputation de grand réformateur en affectant de prendre le parti de l’usager contre celui du fonctionnaire placé derrière le guichet […] » pp. 33, 334 , 340, 342
in « Mémoires politiques », Marcel Déat, Ed. Denoël, Evreux, 1989.
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